[aniroku] Canaan, Blassreiter et (l’avis des) autres…

Il est compliqué de commencer une série de blog. On a toujours envie de marquer le coup. En même temps, lorsque l’on est loquace comme moi, l’on voudrait volontiers discuter pendant des heures et créer des tartines comme je peux le montrer dans mes autres articles sur le site – enfin, ceci aurait pour seul effet de faire fuir le lecteur. L’inverse de l’effet souhaité.

 

Je me suis alors dit que je pourrai simplement commencé par ce qui attirait mon attention en ce moment, et d’autant plus qu’il se pourrait que j’écrive un jour quelque-chose dessus. Je vais commencer par parler de Canaan.

 

Raison double : je viens à la fois de terminer cette série ce soir et suis d’humeur d’en parler, et je trouve qu’elle est illustrative de ma manière d’aborder l’animation, qui passe plus par le staff que par les chartes ou les agrégateurs. Je ne vais cependant pas en parler des heures, car j’espère faire un jour une description plus détaillée de la série dans un article.

 

En fait, j’ai vraiment beaucoup aimé cette série. D’aucun peut lui trouver mille défauts, mais on lui trouvera un grand nombre de défauts fonction seulement de la variable la plus importante : son manque de reconnaissance par un cercle plus large. Autrement dit, de n’avoir pas suffisamment marché.

J’ai beaucoup aimé cette série, et je l’ai regardée sans savoir ce qu’avaient bien pu en dire les agrégateurs, sans regarder les commentaires, et en me basant essentiellement sur mon flair, un peu de lecture autour, et le staff qui avait travaillé dessus. Je fonctionne sur ce système depuis déjà trois mois, et il est très rare qu’il m’ait fait faux bond. Au contraire, il me permet de découvrir bien vite des tas de choses qu’on ne découvre souvent que trop tard quand on rentre dans l’univers de l’animation, qui, comme toute industrie de masse, possède un véritable mal nécessaire qui fait à la fois la vie de l’industrie et le malheur du consommateur raisonnable : le hype (et je peux en dire quelque-chose pour avoir écrit des années sur le jeu vidéo).

 

Du coup, pourquoi avoir regardé Canaan ? C’est ce que je trouve intéressant. « Pourquoi diable est-il donc allé regarder ceci plutôt que Nisemonogatari qui attend depuis un mois, franchement ? »

Ceci ressemble beaucoup à un chara design de Takeuchi. Mais genre, ça ressemble vraiment beaucoup. Mais genre vraiment beaucoup, non ?… ah.

Réponse simple : j’ai vu True Tears, que j’ai vraiment beaucoup aimé tant sur le plan de la direction artistique, de la mise en scène, que, surtout, de la qualité incroyable de son écriture et du script délicieux de Okuda Mari, dont je commence à goûter le style ; quand on regarde, on constate qu’un an après True Tears, cette dernière travaille sur Canaan, sorti en 2009, sur lequel on retrouve un certain nombre de noms en commun : un certain Ando Masahiro, qui signe ici son baptème de directeur après avoir fait la direction de certains épisodes de True Tears, et qui travaillera sur plusieurs autres projets avec Okuda Mari plus tard ; Sekiguchi Kanami au chara design, qui revient aussi de True Tears quoique son travail ici sera essentiellement d’adapter le chara design si caractéristique de Takeuchi ; un certain Nishimura Junji enfin, dont la liste des faits d’oeuvres ne lasse de laisser coi, outre qu’il ait été directeur du même True Tears, et qui signe le konte d’une partie des épisodes.

On ajoute à cela qu’il s’agit d’une adaptation d’un visual novel « bonus » écrit par Nasu Kinoko et illustré par son inséparable collègue, presque indissociable de son univers, Takeuchi Takashi, écrit pour un visual novel ayant eu une publicité pléthorique au Japon sur Wii, mais qui prenait une tournure et un setting totalement différent de ce dernier. On est en pleine nasusphère. Il se trouve que je suis justement en train de dévorer les romans de Kara no Kyokai, sans parler de Fate/Stay Night qu’il me faudra bien terminer un jour malgré son côté roman fleuve.

Cela commence à faire beaucoup de raisons de s’y intéresser, tout de même ?

 

D’aucun résumeraient en disant : « les deux sont fait par P.A. Works. C’est logique de retrouver les mêmes personnes. » Nous n’iront pas dans le détail, et rappelerons que dans une industrie basée essentiellement sur le freelance, il ne suffit pas de voir deux fois le nom d’une même société pour être assuré de la qualité de la série, même si elle engage un certain savoir-faire.

 

Cela veut-il dire que Canaan allait nécessairement être bon ? Certainement pas. Mais cela voulait dire qu’il y avait conjonction d’intérêts à m’y intéresser, surtout que je m’intéresse énormément aux travaux d’Okuda Mari, fussent-ils originaux ou adaptés.

Et grand bien m’en fit : Canaan fut pour moi parfaitement génial.

Et puis l’Allemagne c’est pas à côté de la Chine mais, Blassreiter, c’est super aussi.

Pourquoi parlé-je de ça ? Car dès que j’eus finis de regarder cette série, qui me fit réellement l’effet d’une forte satisfaction, je pus constater qu’elle était très durement notée sur les sites de type « agrégateur » (pensez à MyAnimeList pour citer le plus connu). Ceci est toujours amusant, car vous êtes alors ramené à une réalité : l’agrégateur, au fond, ne fait que donner une caisse de raisonnance aux phénomènes de hype préexistant à ce qu’ils expriment, et si d’aucun se base sur eux pour faire un choix ou faire la critique d’une oeuvre, il sera influencé par suggestion par la note ou le nombre de spectateurs, fût-ce positivement ou négativement au reste.

Ainsi, si j’avais basé mon jugement uniquement sur les animes d’action / thriller les mieux notés, je n’aurais jamais regardé Canaan ; au mieux l’aurais-je vu dans trois, quatre, cinq ans. Une perte de temps, quand j’ai vu combien j’appréciais cette série sur beaucoup de points, tant scénario, mise en scène, caractérisation ou écriture. Là-dessus, l’univers anxiogène et fantastique de Nasu fait bon ménage avec les extravagances d’Okuda, et c’est loin d’être une déception.

 

Cette appartée pour dire : ne jamais baser sur le jugement d’autrui le sien propre, quelque-soi le medium ! Et Canaan c’est super. J’ai peut-être plus aimé encore que True Tears (même si j’admettrai que l’on y trouve moins de génie et d’inventivité, certes – cela reste une adaptation !).

 

Sinon je continue Blassreiter, et là, même principe : vous regardez Blassreiter ou bien car vous venez d’Itano Ichino, qui dirigea Gantz deux ans auparavant et qui signe ici sa première oeuvre plus « personnelle », ou bien de Gen Urobochi, qui signe son premier scénario dans l’animation, et pas des moindres. Mais personne d’autre ne vous aiguillera jamais par là, ne vous parlant que des défauts, prenant des airs critiques et distants, et énumérant un à un les problèmes avant de commencer à vous parler (peut-être) des qualités immenses de cette série. Il est certes toujours plus simple de cracher sur les inserts 3D (objectivement) dégueulasses que des qualités de son story telling et de son chara design. Mais plus là-dessus plus tard.

Semiko

Student in Japanese studies and specializing in story telling and modern Japanese pop culture.

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