[aniroku] Et si on parlait d’anime ?

C’est une décision assez complexe qui prit du temps pour moi avant d’être prise. C’est de créer sur ce site un blog, qui fût dédié à l’animation, et les animes que je regarde, découvre, ou redécouvre, ou souhaite partager, à l’aide de ma maigre, si maigre culture, qui se fabrique, se construit, à mesure des jours.

 

C’est une chose complexe à expliquer. J’ai le sentiment que si certes cette entreprise a été mille fois entreprise, fort peu de fois aura-t-on vu une personne avec mon passé et ma façon d’aborder les choses, s’adonner à ce point, la vingtaine passée, à l’animation, souhaitant en parler sans trop savoir comment le faire ni à qui s’adresser ; qu’au fond, ce que je vis et ma manière de découvrir de façon à la fois passionée et raisonée l’univers de l’animation, est quelque-chose qui ne se produit pas chez tout le monde et ne se voit pas tous les jours ; en somme, j’ai réalisé, après avoir passé trois mois à croire que cette « révolution copernicienne » dans mon coeur était ma chose seule, j’ai réalisé, que cette chose ne m’appartenait peut-être pas à moi tout seul. Il se pouvait qu’un jour, il y eût des curieux du coeur que cette histoire intéressât.

 

Peut-être déjà car je souhaite, à terme, que cela débouche sur une réalité professionnelle. C’est une chose.
Mais aussi et surtout, car cette histoire que je vis, je me suis dis que je serais passioné, moi qui ai grandi avec les jeux vidéos et qui ai eu avant tout jusqu’ici une culture issue du jeu vidéo japonais, de la découvrir chez un autre ; de lire cet exact blog, ces exacts développements, cette pensée et cette passion à la fois adulte et enfantine, chez quelqu’un s’intéressant au jeu vidéo ; j’ai toujours eu envie, de découvrir ce que disaient les gens qui découvraient ce que j’aimais avec l’action de la raison, et sans fausses postures ; j’ai toujours pris énormément plaisir à faire découvrir et à partager, et à enseigner ce que je savais de cette culture à ceux qui ne la connaissaient pas et en avaient une vision parfois biaisée ou incomplète. Je suis ainsi.

Je me suis alors dit que mon Histoire ne devait pas me complexer au point de la cacher pudiquement comme je le fis jusqu’ici, de honte de ne m’être pas intéressé à l’animation plus tôt. Au contraire, je devais la présenter telle quelle, et lui donner chair et vie.

Il y a encore trois mois, je n’avais aucune estime de l’animation japonaise. J’en avais une vision extrêmement sévère, basée sur des a priori fondés essentiellement sur les deux dizaines d’anime que j’avais pu voir de mon adolescence à aujourd’hui. Je savais que c’était un medium intéressant ; j’y avais vu des oeuvres qui fussent d’intérêt ; mais je m’étais autopersuadé que cela n’était, d’une certaine façon, pas fait pour moi, et, comme chacun frappé de faiblesse qui craint la grandeur à l’horizon quand il se sait miré par le soleil, je me cachais pudiquement de cette influence, comme si je savais qu’elle me parlait réellement, mais que je n’en acceptais pas les aveuglants rayons, de peur de m’aveugler.

 

Je ne vais pas raconter ici ce qui me fit changer du tout au tout. C’est une longue histoire qui s’étend sur un an, et qui me fit un jour réaliser que l’animation était un medium merveilleux, et à dire vrai, pour mon coeur et comment était construit à la fois mon esprit et mon coeur, celui qui parlait au plus vrai, ma langue réelle, plus maternelle encore que la mienne propre.
J’y voyais tous les défauts. Je les voyais déjà avant. Je les voyais après. Mais la beauté qui s’y exprimait était trop profonde pour que je pusse une fois de plus détourner le regard avec quelque pudeur, me mentant à moi-même et cachant ce que j’ai toujours su être ma passion profonde.

 

Je pris la lumière et je regardai le soleil branlant de ces jours.

Voilà trois mois, je me suis mis à regarder des anime, et j’ai réalisé que cet univers me passionait réellement, plus que tout ce que j’ai pu découvrir par le passé. J’y ai trouvé une forme d’expression très puissante. Elle a ses défauts, ses scandales, ses politiques d’industrie, comme tous les media. Mais ce que j’y vis me parut l’effet d’un impératif catégorique : je dois aller par là. C’est là que se situe ma mission. Je le sentis avec une force, comme je n’en eus jamais par le passé ressentie de telle.

 

Mais cette introduction a suffisamment duré. Mon expérience peut potentiellement intéresser ; mais la biographie d’un Homme n’est guère édifice quand celui-là pas n’est pas même devenu Homme. Aussi, toute forme de biographie s’arrêtera là. L’essentiel est dit.

 

Je propose de partager avec vous ma découverte à la fois naïve et rationnelle, à la fois réflexive et émotionnelle, à la fois pensive et abandonnée, de l’animation japonaise. Certains pourront y trouver intérêt. Ils sont peut-être pas même le nombre de doigts sur une main. Mais que ces hommes existassent, et la valeur de cette démarche déjà est entière, et ne se limitera guère à l’absurde solipsisme de l’écrivain isolé.

 

J’ai foi qu’un jour, ces textes seront la distraction de quelques-uns.

 

A ces lecteurs du futur, mon appréciation ! Mon accueil ! Mon remerciement éternel !
Partons ensembles.

Semiko

Student in Japanese studies and specializing in story telling and modern Japanese pop culture.

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